Circoncision du Seigneur et Octave de la Nativité - 1er Janvier

Circoncision de Notre-Seigneur Jésus-Christ
Dans la cérémonie de la Circoncision, l’Enfant commence à verser Son sang, et Il reçoit en même temps le nom de Jésus, qui signifie Sauveur.

Considérations

La liturgie de ce jour célèbre quatre fêtes. La première est celle que les sacramentaires anciens désignent sous le titre d’«Octave du Seigneur». Dans sa majeure partie, la messe d’aujourd’hui est bien une messe d’octave; elle fait de nombreux emprunts aux messes de Noël. — Une seconde messe se célébrait autrefois en l’honneur de la Mère de Dieu dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure. Un vestige en subsiste dans l'oraison, la secrète, et la postcommunion, tirées de la messe votive de la Sainte Vierge, et dans les psaumes des vêpres, extraits de Son office. Les antiennes des vêpres sont particulièrement belles, et la place de choix qu’elles font à la Vierge Marie montre la délicate attention de l’Église à reconnaître tout ce qu’elle doit à la Mère du Sauveur. — La troisième fête est celle de la Circoncision, célébrée dès le VIe siècle. Moïse imposait ce rite purificatoire à tous les jeunes Israélites le huitième jour après leur naissance (Év.). C’était une figure du baptême par lequel l’homme allait être spirituellement circoncis «par le retranchement de ses vices, et jugé digne du regard du Seigneur» (S. Ambroise, 3e nocturne de matines). Enfin, Grégoire XVII a établi la Fête du Père Éternel, en 1975.

C'est dans ce jour béni que la terre voit couler les prémices du Sang divin qui doit purifier et sauver l'humanité déchue; Jésus, le huitième jour après Sa naissance, Se soumet à la Circoncision, et commence à souffrir pour nous. -- La Circoncision était le signe de l'alliance faite autrefois par le Seigneur avec Abraham; et le peuple juif, descendant de ce grand patriarche, avait toujours été fidèle à cette pratique sacrée, considérée comme l'initiation au service du vrai Dieu. L'enfant, dans la loi ancienne, devenait enfant de Dieu par la Circoncision, comme il devient, d'une manière plus parfaite, enfant de Dieu dans la loi nouvelle par le Baptême. Jésus, Fils de Dieu et la Sainteté même, n'avait nul besoin de Se soumettre à une loi dure et humiliante, faite pour les hommes pécheurs. Mais le double but de Sa venue sur la terre Lui fait accepter de grand cœur ce premier sacrifice; Il Se montre, en ce jour, à la fois, notre Sauveur et notre Modèle: Sauveur, Il inaugure l'œuvre de notre rédemption; Modèle, Il nous apprend à aimer la loi de Dieu, à la garder fidèlement, à ne point chercher de vains prétextes pour excuser notre lâcheté et nos désobéissances, et à guérir notre orgueil par la pratique de l'humilité. -- La Circoncision corporelle cache, du reste, pour le chrétien, un beau et grand mystère, car elle est l'image de la Circoncision spirituelle qui consiste à circoncire notre cœur de toutes ses coupables affections, à détruire en nous le péché et les passions mauvaises et à vivre d'une vie surnaturelle.

L'Apôtre saint Paul a creusé à fond le sens spirituel de la Circoncision charnelle; les Pères et les auteurs spirituels n'ont eu qu'à commenter les textes si suggestifs de ses Épîtres: «La vraie Circoncision, dit-il (Rom. 2, 28), n'est pas celle qui paraît dans la chair; la circoncision est celle du cœur, dans l'esprit, et non dans la lettre.» -- «Dans le Christ Jésus, ni circoncision, ni incirconcision n'ont de valeur, mais bien la foi, qui est agissante par la charité. Ce qui est tout, c'est d'être une nouvelle créature (Gal. 5, 6; 6, 15).» -- «En Jésus-Christ vous avez été circoncis d'une circoncision non faite de main d'homme, de la circoncision du Christ, par le dépouillement de ce corps de chair (Col. 2, 11).» Toute la doctrine du grand Apôtre se résume à montrer que l'Ancienne loi n'était qu'une figure et une préparation de la Loi du Christ, que toute la vie chrétienne consiste à renoncer à la chair avec ses convoitises pour vivre intérieurement de la vie de l'esprit, et que ceux-là seuls sont vraiment au Christ qui le suivent dans la voie du sacrifice. C'est tout l'Évangile lui-même.

(Abbé Léon Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950)

Liturgie de la Messe

Introït

(Is. 9, 6) Un Enfant nous est né, et un Fils nous a été donné; l'empire repose Ses épaules, et Il sera appelé, de Son nom, l’Ange du grand conseil. — (Ps. 97, 1). Chantez au Seigneur un cantique nouveau, car Il a opéré des prodiges. Gloria Patri.

Collecte

Ô Dieu qui avez choisi la féconde virginité de Marie pour donner au genre humain les biens du salut éternel, accordez-nous de ressentir la bienfaisante intercession de Celle par qui il nous fut donné de recevoir l’Auteur de la vie, Jésus-Christ, Votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit.

Épître

Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul à Tite (2, 11-15)
Très cher fils: La grâce de Dieu notre Sauveur s’est manifestée à tous les hommes, nous apprenant à renoncer à l’impiété et aux convoitises du monde, pour vivre ici-bas dans la tempérance, la justice et la piété, en attendant la bienheureuse espérance et le glorieux avènement de notre grand Dieu et Sauveur le Christ Jésus, qui S’est livré Lui-même pour nous afin de nous délivrer de toute iniquité et rendre pur un peuple qui Lui appartient, zélé pour les bonnes œuvres. Prêche cela et exhorte les fidèles, dans le Christ Jésus, notre Seigneur.

Graduel

(Ps. 97, 3-4 et 2) Tous les confins de la terre ont vu le salut envoyé par notre Dieu; acclamez Dieu, terre entière. ℣. Le Seigneur a manifesté Son œuvre de salut; aux yeux des nations Il a révélé Sa justice.
Alléluia, alléluia. ℣. (Hébr. 1, 1-2) À bien des reprises, Dieu parla jadis à nos pères par les prophètes; en ces derniers jours, Il nous a parlé par Son Fils. Alléluia.

Évangile

Suite du saint Évangile selon saint Luc (2, 21).
En ce temps-là, quand le huitième jour fut venu, où il fallait circoncire l’Enfant, on Lui donna le nom de Jésus, nom que l’Ange Lui avait donné avant qu’Il fût conçu dans le sein de Sa Mère.

Réflexion sur l'Évangile

Aujourd’hui, dans la cérémonie de la Circoncision, l’Enfant commence à verser Son sang, et Il reçoit en même temps le nom de Jésus, qui signifie Sauveur. C’est par le sang qu’Il doit nous sauver. Ces premières gouttes, assurément, étaient plus que suffisantes pour sauver tous les hommes, pour sauver des milliers de mondes. Jésus pouvait donc S’en tenir là. Mais non: ce qui suffit à notre salut ne suffit pas à Son amour. Il faut que cette sainte victime arrive à la maturité de l’âge parfait pour être plus propre à consommer Son sacrifice. Il faut que Ses faibles membres croissent et se fortifient pour mieux recevoir les coups des bourreaux. Il faut que Son sang se multiplie dans Ses veines, afin de couler un jour à grands flots sur le Calvaire. Voilà comment le Fils de Dieu veut remplir à notre égard les fonctions de Sauveur. – Ô bon Jésus, par ce nom qui m’est si doux et qui Vous a coûté si cher, par les prémices de ce sang que Vous versez dès Votre enfance, je Vous en prie, sauvez-moi du péché, sauvez-moi de l’enfer, soyez-moi éternellement Jésus! (Abbé Janvier)

Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938