«Ayant été invité aux noces célébrées à Cana, dit saint Augustin, le Sauveur S’y est rendu pour nous révéler le mystère signifié par ces noces et qui est l’union du Christ avec Son Église» (3e nocturne de matines). — En même temps que la confirmation de la mission du Christ, tous les Pères ont vu dans le miracle de Cana le symbole de l’Eucharistie, où Jésus change le vin en Son sang, et, par-delà l’Eucharistie, cette alliance du Christ avec nos âmes qu’Il a scellée de Son sang sur la croix et qui se consomme pour nous dans la sainte communion. Ce sont là les noces divines de la terre où se préparent les noces éternelles du Ciel. Nous étions de l’eau, le Christ a fait de nous du vin: nous transformer et nous sanctifier en nous unissant à Lui, voilà où tend l’Incarnation du Christ et l’effet merveilleux de son retentissement infini dans nos âmes. La conversion de l’eau en vin, dit saint Thomas, est un symbole de la transsubstantiation, le plus grand de tous les miracles, en vertu duquel le vin eucharistique devient le sang de l’alliance de paix que Dieu a établie avec Son Église. (Ps. 65, 4) Que la terre entière vous adore et vous chante, ô Seigneur, qu’elle chante Votre nom, ô Très-Haut. — (Ps. 65, 1-2). Acclamez Dieu, terre entière; chantez la gloire de Son nom; mettez votre gloire à Le louer. Gloria Patri. Dieu tout-puissant et éternel qui réglez toutes choses au ciel et sur la terre, exaucez dans Votre clémence la prière de Votre peuple: à notre temps donnez la paix. Par Jésus-Christ, Votre Fils, notre Seigneur... Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Romains (12, 6-16) Que ceux qui font la charité la fassent avec joie. Admirable conseil qui répond à l’idée vraie de la charité chrétienne. Le secours reçu humilie toujours le pauvre; la joie, l’amabilité, la cordialité dans la charité relève et dilate. Et cette joie a son secret dans l’amour de Dieu qui est le seul vrai motif de la charité pour le prochain. «Qui donc ne serait pas joyeux de donner au prochain, dit saint Jean Chrysostome, quand il sait que Dieu l’en récompensera un jour? Qui donc ne serait joyeux de recevoir ce royaume? Or c’est de Son royaume que Dieu récompensera la charité. Qui donc ne sème avec joie dans l’espoir d’une belle récolte? Qui donc ne se réjouirait en pensant que toutes ses fautes sont oubliées? Or celui qui fait l’aumône couvre la multitude de ses péchés: Soyez donc joyeux de la joie que donne la sainte espérance, vous crie l’Apôtre, puisqu’un verre d’eau froide donné au pauvre pour l’amour de Dieu, a dit le Maître, ne sera pas sans récompense.» C’est, en effet, le Seigneur que vous servez, nous dit encore saint Paul. Là est le secret de la charité cordiale et vraiment chrétienne. C’est pour Dieu que nous devons être les uns pour les autres «pleins d’attention et d’honneur». Car c’est Lui qui mérite attention et honneur; c’est Lui qui nous rendra attention pour attention et honneur pour honneur. Soyons donc fervents d’esprit et assidus à la prière, afin de mettre d’abord et avant nous Dieu dans notre cœur et dans notre intention, et nous trouverons là le secret de la vraie joie, de la vraie cordialité, de la vraie amabilité dans notre charité pour le prochain; le secret de «vous réjouir avec ceux qui sont dans la joie et de pleurer avec ceux qui pleurent» le secret de vous faire tout à tous pour l’amour de Jésus-Christ. (Abbé Janvier) (Ps. 106, 20-21) Le Seigneur envoya Sa parole et les guérit; Il les arracha au tombeau. ℣. Qu’on rende grâce au Seigneur pour Sa miséricorde, pour Ses merveilles en faveur des enfants des hommes. Suite du saint Évangile selon saint Jean (2, 1-11). Le premier miracle de Jésus-Christ s’opère par l’entremise de la Sainte Vierge, elle S’aperçoit avant tout autre du besoin des époux: Elle Se hâte d’en prévenir Son Fils, sans même en être priée; Elle prévoit tout, Elle va au-devant de tous les obstacles. Or, ce qu’Elle fit autrefois, Elle le fait encore aujourd’hui. Du haut des Cieux, Elle connaît nos besoins, Elle veille aux intérêts de nos âmes, Elle sollicite pour nous la tendresse de Jésus-Christ. Aimons une Mère si vigilante et si bonne. Comme les serviteurs de Cana, soyons dociles à Ses conseils, et tout nous sera accordé; car Sa puissance égale Sa bonté. Malgré la réponse sévère en apparence, par laquelle Jésus-Christ voulait devant le peuple rappeler Sa divinité, Elle connaît trop bien Son empire sur le Cœur de Son Fils pour ne pas Se tenir sûre d’être exaucée. Aussi dit-Elle sans hésitation aux serviteurs: Faites tout ce qu’Il vous dira. Et, à Sa prière, Jésus avance l’heure qu’Il avait marquée pour commencer Ses miracles: Il change l’eau en vin. – Ô Mère! qui n’avez jamais éprouvé de refus, intercédez pour nous, pauvres pécheurs. Nous avons besoin d’un changement non moins miraculeux que celui de Cana. Nos cœurs sont tièdes, lâches pour le bien, sans amour pour Dieu: que, par Votre intercession, ils soient changés en des cœurs humbles, pieux, zélés pour toutes sortes de bonnes œuvres! Et, par Vous, Jésus fera de nouveau éclater Sa gloire. (Abbé Janvier) Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951Deuxième Dimanche après l'Épiphanie - Les Noces de Cana

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Épître
Frères, nous possédons des dons différents, selon la grâce qui nous a été donnée: la prophétie, pour en user selon la foi; le ministère, pour s’exercer au ministère; l’enseignement, pour celui qui enseigne; l’exhortation, pour celui qui exhorte; la simplicité, pour celui qui distribue; la sollicitude, pour celui qui préside; le sourire, pour celui qui pratique la miséricorde. Que votre charité soit sans feinte. Haïssez le mal; attachez-vous au bien, vous chérissant les uns les autres d'un amour fraternel; prévenez-vous d’honneur les uns les autres. Ne vous relâchez pas dans votre zèle; soyez fervents d’esprit, appliqués au service du Seigneur. Réjouissez-vous dans l’espérance; restez patients dans l’affliction, persévérants dans la prière. Subvenez aux besoins des saints, pratiquez l’hospitalité avec empressement. Bénissez ceux qui vous persécutent; bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Vivez en bonne intelligence. N’aspirez pas aux grandeurs, mais portez-vous vers ce qui est humble.Réflexion sur l'Épître
Graduel
Alléluia, alléluia. ℣. (Ps. 148, 2) Louez le Seigneur, tous Ses Anges; louez-Le, toutes Ses armées. Alléluia.Évangile
En ce temps-là, il y eut des noces à Cana, en Galilée, et la Mère de Jésus y était. Jésus fut également invité avec Ses disciples. Le vin étant venu à manquer, la Mère de Jésus Lui dit: «Ils n’ont pas de vin». Jésus Lui répondit: «Qu’avons-Nous à faire à cela, Femme, Toi et Moi? Mon heure n’est pas encore venue». La Mère de Jésus dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu’Il vous dira». Or il y avait là, pour les purifications des Juifs, six urnes de pierre, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs: «Remplissez les urnes d’eau». Ils les remplirent jusqu’au bord. Alors Jésus leur dit: «Puisez maintenant et portez-en à l’ordonnateur du festin». Et ils en portèrent. Dès que l’ordonnateur du festin eut goûté de l’eau changée en vin, — il ignorait d’où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l’eau, le savaient bien, — il appela l’époux et lui dit: «Tout homme sert d’abord le bon vin; puis, après qu’on a beaucoup bu, le moins bon; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant». Ce fut le premier des miracles que fit Jésus, à Cana en Galilée. Il manifesta Sa gloire et Ses disciples crurent en Lui.Réflexion sur l'Évangile
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938