Mais c’est surtout comme figure du Christ qu’en ce dimanche de Carême la physionomie de Joseph prend un relief tout particulier. On connaît assez l’histoire de Joseph vendu par ses frères, emprisonné et malmené, puis rentrant en grâce, siégeant à la droite du Pharaon, et chargé par lui de gouverner tout son royaume, pour retrouver dans tous ces traits, comme esquissée par avance, la grande figure du Christ dans le mystère de Sa passion et de Sa résurrection. Familiarisés avec l’histoire symbolique de l’Ancien Testament, nos pères s’y attachaient avec une prédilection qui s’est un peu perdue, comme à un enseignement qui, à la lumière de l’Évangile, leur faisait mieux comprendre les grands mystères du salut. Lorsqu’on leur lisait les pages où la Bible raconte l’histoire de Joseph «sauveur du peuple», d’emblée ils pensaient au Christ: «Je suis Joseph que vous avez vendu; mais ne craignez point: Dieu a tout conduit pour que je vous sauve de la mort». Plus d’un texte de la messe d’aujourd’hui pourrait se mettre comme une prière sur les lèvres de Joseph (voyez l’introït, l’oraison, le Trait, l'offertoire), en les chantant ou en les récitant, tâchons d’y mettre quelque chose de l’âme confiante et si profondément religieuse que Joseph apportait dans sa prière. L’évangile nous montre le Christ chassant le démon du corps d’un possédé; plus fort que Satan, Il le chasse de Son domaine et rend aux âmes leur liberté. — Aux pharisiens qui ne veulent pas comprendre, Notre-Seigneur laisse entendre de la façon la plus claire que l’heure vient où «Il attirera tout à Lui» et où «le Prince de ce monde sera jeté dehors». Il en est cependant, qui, visités par la grâce de Dieu, retombent au pouvoir de Satan et leur dernier état devient pire que le premier. Le triomphe du Christ n’en est pas moins assuré: plus Il approche de Sa Passion plus le Christ l’affirme; et en approchant de Pâques, l’Église se plaît à nous donner les mêmes assurances. (Ps. 24, 15-16) Mes yeux sont constamment tournés vers le Seigneur, car c’est Lui qui dégagera mes pieds du filet; regardez-moi et prenez pitié de moi, car je suis seul et malheureux. — (Ps. 24, 1-2) Vers Vous, Seigneur, j’élève mon âme; en Vous mon Dieu, je mets ma confiance, que je ne sois pas confondu! Gloria Patri. Dieu tout-puissant, écoutez la prière des humbles, et pour nous protéger, étendez sur nous la majesté de Votre droite. Par Jésus-Christ, Votre Fils, N.-S... Lecture de l’Épître du bienheureux Apôtre Paul aux Éphésiens (5, 1-9) Quelle haute idée l’Apôtre nous donne ici d’un chrétien! Selon lui, c’est l’enfant bien-aimé de Dieu, l’héritier de Son royaume, l’enfant de la lumière; il veut qu’il se regarde comme un être saint et en quelque sorte tout divin; il faut qu’il tende à ce qu’il y a de plus parfait, c’est-à-dire à imiter les perfections de Dieu, et à s’offrir à Lui, en union avec Jésus-Christ, comme une victime d’agréable odeur. Élevons-nous à la hauteur d’une si céleste vocation. Qu’il n’y ait rien de commun entre nous et les impuretés du siècle. Tout dans notre personne doit être saint: les actions, les paroles, les désirs, les moindres pensées. L’amour de Dieu et du prochain doit guider nos pas, la décence et la gravité présider à nos entretiens, l’hymne de la louange et de l’action de grâces s’exhaler sans cesse de nos lèvres. Notre cœur doit se nourrir de tout ce qu’il y a de bon, de juste et de vrai; en un mot, notre vie, comme une lumière, doit briller de l’éclat des plus pures vertus. (Ps. 9, 20 et 4) ℣. Levez-Vous, Seigneur, que l’homme ne triomphe pas! que les gentils soient jugés par devant Vous! ℣. Mes ennemis reculent: ils trébuchent et périssent devant Votre face. (Ps. 122, 1-3) Vers Vous je lève mes yeux, Vous qui habitez dans les Cieux. ℣. Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur les mains de leurs maîtres. ℣. Et les yeux de la servante sur les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux se tournent vers le Seigneur notre Dieu, jusqu'à ce qu’Il ait pitié de nous. ℣. Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous. Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme... Ces paroles s’appliquent au mauvais chrétien peu soucieux de faire de bonnes œuvres. À l’époque de son baptême, le démon, qui habitait en lui, en fut chassé par la grâce: il s’en est allé de là errer dans des lieux arides et sans eau, c’est-à-dire, qu’en rusé tentateur l’esprit malin ne cesse point d’attaquer les cœurs fidèles exempts des souillures du monde, afin de s’établir en eux avec sa malice. Mais, dit l’Évangile, il cherche le repos et ne le trouve pas; parce qu’il n’a aucune prise sur les âmes chastes, et qu’il ne peut se reposer que dans le cœur des méchants. Alors il dit: Je retournerai à la maison d’où je suis sorti. Mais il ne viendra pas seul; il veut triompher, et pour cela il amènera, s’il le faut, avec lui sept démons encore plus pervers. Quel choc terrible se prépare pour la pauvre âme, si elle n’est pas vigilante et fortifiée! L’ennemi sonde les abords de la place, il examine les changements qui se sont opérés pendant son absence. Qu’aperçoit-il dans cette âme où naguère il avait ses habitudes et son séjour? Le Sauveur nous l’apprend: le démon la trouve vide, sans défense, parée de fausses vertus, toute disposée à le recevoir encore: point d’armes ni de précautions dirigées contre lui. L’assaut est donné; rien ne résiste, et bientôt, au lieu d’un seul démon, l’âme envahie en recèle une troupe, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Comprenons cet avertissement salutaire. Il ne suffit pas de nous convertir à Dieu et d’obtenir le pardon de nos péchés. Craignons la rechute, qui aurait pour nous les plus terribles conséquences. Et pour cela veillons, prions, défendons les abords de nos âmes, résignons-nous au combat, enfin recourons à la protection de la Vierge Marie, et comme Elle efforçons-nous d’écouter avec attention la parole de Dieu et de la mettre fidèlement en pratique.(Abbé Janvier) Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951Troisième Dimanche du Carême - Guérison du possédé muet

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Épître
Frères, soyez donc des imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés, et marchez dans la charité, à l’exemple du Christ qui nous a aimés et S’est livré pour nous à Dieu comme une offrande et une victime d’agréable odeur. Que la fornication, et toute impureté, ou l’avarice ne soient pas même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; non plus que ce qui est déshonnête, les propos insensés, les plaisanteries, toutes choses qui sont malséantes; qu’on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, aucun fornicateur, aucun impudique, aucun avare, ce qui est une idolâtrie, n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu. Que personne ne vous trompe par de vaines paroles, car c’est à cause de ces vices que la colère de Dieu tombe sur les hommes rebelles. N’ayez donc aucune part avec eux. Vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Conduisez-vous en enfants de lumière; car le fruit de la lumière est en toute bonté, justice et vérité.Réflexion sur l'Épître
(Abbé Janvier) Graduel
Trait
Évangile
Suite du saint Évangile selon saint Luc (11, 14-28).
En ce temps-là, Jésus chassait un démon, et ce démon était muet. Lorsqu’Il eut chassé le démon, le muet parla et la foule fut dans l’admiration. Quelques-uns d’entre eux cependant dirent: «C’est par Béelzébub, prince des démons, qu’Il chasse les démons». D’autres, pour L’éprouver, Lui demandaient un signe qui vînt du ciel. Mais Lui, connaissant leurs pensées, leur dit: «Tout royaume divisé contre lui-même va à sa ruine et les maisons tombent l’une sur l’autre. Mais si Satan à son tour est divisé contre lui-même, comment son règne subsistera-t-il, puisque vous dites que c’est par Béelzébub que Je chasse les démons? Si c’est par Béelzébub que Moi Je chasse les démons, vos fils, par qui les chassent-ils? Aussi seront-ils vos juges. Si, au contraire, c’est par le doigt de Dieu que Je chasse les démons, c’est donc que le royaume de Dieu est venu parmi vous. Quand un homme fort, en armes, garde la cour de sa maison, ce qu’il possède est en paix. Mais si un plus fort que lui survient et l’emporte sur lui, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se confiait et il distribue ses dépouilles. Celui qui n’est point avec Moi est contre Moi, et celui qui ne rassemble pas avec Moi disperse. Quand l’esprit impur est sorti d’un homme, il parcourt des lieux arides, pour y chercher du repos, et n’en trouvant pas, il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. Quand il y arrive, il la trouve balayée et décorée. Alors il s’en va et prend avec lui sept autres esprits pires que lui, ils entrent dans cette maison et y demeurent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier». Pendant qu’Il parlait, il se fit qu’une femme, élevant la voix du milieu de la foule, Lui dit: «Heureux le sein qui Vous a porté et les mamelles qui Vous ont allaité». Mais Il répondit: «Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent».Réflexion sur l'Évangile
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938