Troisième Dimanche après l'Épiphanie - Guérison d'un lépreux et du serviteur du centurion

Le Centurion demande à Jésus de venir guérir son serviteur.
«Dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri.» (Év.)

Considérations

Les 3e, 4e, 5e et 6e dimanches après l’Épiphanie ont tous le même introït, le même Graduel et le même Alléluia, le même offertoire et la même communion. Tous ces textes proclament la royauté universelle et la divinité du Christ.

Les deux miracles rapportés par l’évangile d’aujourd’hui ont la même signification. Le premier est en faveur d’un juif lépreux dont Jésus fait constater officiellement la guérison par les princes des prêtres «pour leur servir de témoignage»; le second est en faveur d’un centurion romain qui atteste par ses paroles d’humilité et de confiance sa foi au Christ. Toutes les nations sont donc appelées à entrer dans le royaume de Dieu pour prendre part au banquet céleste où la Divinité sera l’aliment de nos âmes.

Enfants du royaume, renouvelons notre foi en la divinité du Christ, et manifestons-la en vivant de cette charité chrétienne qui est le grand commandement et que saint Paul nous rappelle avec insistance dans l’épître d’aujourd’hui. «La grâce de la foi en Jésus, dit saint Augustin, opère la charité (nocturne de matines). Que rien ne puisse nous amener à nous départir de cette charité, qui nous anime à l’égard de nos frères des mêmes sentiments que les sentiments du Christ envers nous.

Les messes du 3° dimanche et suivants après l'Épiphanie qui n’ont pu trouver place avant la Septuagésime se disent après la Pentecôte.

Liturgie de la Messe

Introït

(Ps. 96, 7-8) Adorez le Seigneur, tous Ses Anges! Sion l’a entendu et s’est réjouie, et les filles de Juda ont tressailli d’allégresse. — (Ps. 96:1). Le Seigneur est roi, que la terre tressaille; que la multitude des îles se livre à la joie. Gloria Patri.

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, jetez un regard compatissant sur notre faiblesse, et étendez pour nous protéger, la majesté de Votre droite. Par Jésus-Christ, Votre Fils, notre Seigneur...

Épître

Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Romains (12, 16-21)
Frères, n’ayez pas de vous-mêmes une opinion avantageuse. Ne rendez à personne le mal pour le mal; ayez souci de faire le bien, non seulement devant Dieu mais aussi devant tous les hommes. S’il se peut, pour ce qui dépend de vous, ayez la paix avec tout le monde. Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés; laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit: «À Moi la vengeance; c’est Moi qui punirai, dit le Seigneur». Au contraire, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire. Ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse point vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien.

Réflexion sur l'Épître

Bien différent de l’esprit du monde, l’esprit de Dieu nous enseigne ici que la vengeance, au lieu d’être une victoire, est plutôt une honteuse défaite. Se venger d’un ennemi, c’est succomber et être vaincu. La véritable victoire, la seule permise de Dieu, la seule digne d’une gloire éternelle, c’est de vaincre la malice des autres par notre bonté, et de les obliger à nous aimer à force de bienfaits. En agissant ainsi, on se surmonte soi-même, on triomphe de son ennemi, on le réconcilie avec Dieu, on se sauve avec lui. Nous sommes les enfants du Père céleste, qui est la charité même. Il fait lever Son soleil sur les bons et sur les méchants. Faisons du bien à tous, aimons ceux qui nous haïssent, bénissons ceux qui nous maudissent, que la colère et la vengeance soient en tout temps bannis de nos cœurs. – Dieu d’amour! donnez-moi ce que Vous me commandez; inspirez-moi l’esprit de douceur et de pardon, afin qu’en imitant Votre charité généreuse je sois un de Vos enfants bien-aimés. (Abbé Janvier)

Graduel

(Ps. 101, 16-17) Les nations révéreront Votre nom, Seigneur, et tous les rois de la terre Votre gloire. ℣. Parce que le Seigneur a rebâti Sion et S’y manifestera dans Sa gloire.
Alléluia, alléluia. ℣. (Ps. 148, 2) Le Seigneur est roi, que la terre tressaille; que la multitude des îles se livre à la joie. Alléluia.

Évangile

Suite du saint Évangile selon saint Matthieu (8, 1-13).
En ce temps-là, quand Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à Le suivre. Et voici qu’un lépreux s’approcha et se prosterna devant Lui en disant: «Seigneur, si Vous le voulez, Vous pouvez me guérir». Jésus, étendant la main, le toucha en disant: «Je le veux, sois guéri». Et aussitôt sa lèpre fut guérie. Jésus lui dit: «Garde-toi d’en parler à personne; mais va, montre-toi au prêtre, et fais l’offrande que Moïse a prescrite en témoignage en pareil cas». Comme Jésus entrait dans Capharnaüm, un centurion vint à Lui, Le suppliant et disant: «Seigneur, mon serviteur gît, paralysé à la maison, et il souffre atrocement». Jésus lui dit: «J’irai, et Je le guérirai». Mais le centurion répondit: «Seigneur, je ne suis pas digne que Vous entriez sous mon toit; mais dites seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Car je suis moi-même un homme soumis au pouvoir d’autrui, mais j’ai des soldats sous mes ordres et je dis à l’un: va, et il va; à un autre: viens, et il vient; et à mon serviteur: fais cela, et il le fait». En entendant cela, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui Le suivaient: «En vérité, Je vous le dis, Je n’ai pas trouvé une si grande foi dans Israël. Je vous le dis, beaucoup viendront d’Orient et d’Occident et prendront place avec Abraham, Isaac, et Jacob, dans le royaume des cieux, tandis que les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents». Jésus dit au centurion: «Va, qu’il te soit fait selon que tu as cru». Et le serviteur fut guéri à l’heure même.

Réflexion sur l'Évangile

La prière de ce centurion est un modèle d’humilité et de foi; quand nous prions, sentons vivement notre bassesse, croyons fermement que Dieu est assez puissant pour nous exaucer, et toutes choses nous seront accordées. – Ô Jésus! je viens Vous recommander la santé et le salut de mon âme. La tiédeur paralyse ses forces; elle gémit et souffre sous le poids de sa misère; elle est près de mourir par le péché à la vie de la grâce. Oh! s’il m’était donné au moins de Vous recevoir par la communion! Mais je ne suis pas digne que Vous entriez en moi; dites donc seulement une parole, une de ces paroles qui éclairent et purifient, qui créent et ressuscitent. Vous êtes celui à qui le ciel et la terre obéissent: Vous avez parlé, et toutes choses ont été faites. Parlez encore une fois, et mon âme sera guérie. Vous avez écouté un infidèle, un étranger; ne repoussez pas la prière d’un de Vos enfants; ne le rejetez pas au sein des ténèbres extérieures, mais daignez l’admettre dans Votre royaume au joyeux festin des élus. (Abbé Janvier)

Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938