Le Christ a triomphé et l’Église nous rappelle que nous pouvons triompher aussi, puisque en définitive, en nous et autour de nous, c’est la tentation, le combat et la victoire du Christ qui se jouent: notre effort, c’est le Sien; nos forces, les Siennes; notre triomphe à Pâques, le Sien: mais Il a voulu que dans cette œuvre du salut nous ayons à collaborer avec Lui. — Entreprenons donc, avec une confiance égale à notre générosité le bon combat dont saint Paul nous trace le programme dans l'épître de la messe. C’est une reprise en mains de toute notre vie chrétienne. Encourageons-nous par cette pensée que le progrès de la vie chrétienne en chacun de nous c’est le triomphe du Christ qui se continue, et que le combat nécessaire pour assurer ce progrès c’est celui que le Christ a inauguré contre Satan à Son entrée dans sa vie publique. Les jours du Carême sont des jours de salut: c’est «le temps favorable» entre tous pour marquer un pas décisif dans notre vie spirituelle. L’Église nous y invite afin de pouvoir, à Pâques, celebrer avec des âmes et des corps purifiés le mystère sublime entre tous de la Passion du Seigneur. «Il est vrai, dit saint Léon dans un sermon qu’on lit aujourd’hui à matines, que nous devrions toujours être devant Dieu tels qu’il convient que nous soyons en la fête de Pâques; mais puisque cette force d’âme n’est l’apanage que d’un petit nombre et que la fragilité de la chair amène toujours un relâchement», sachons du moins mettre à profit cette institution du Carême ménagée par l’Église pour nous aider à recouvrer la pureté de nos âmes et réparer par le jeûne et les bonnes œuvres les fautes et les négligences des autres temps de l’année (2e nocturne de matines). Ô Dieu, qui, chaque année, purifiez Votre Église par l’observance du Carême, accordez à Votre famille de réaliser par ses bonnes œuvres ce qu’elle s’efforce d’obtenir par ses jeûnes. Par Jésus-Christ, Votre Fils, notre Seigneur... Lecture de l’Épître du bienheureux Apôtre Paul aux Corinthiens (II Cor. 6, 1-10) Les jours de carême sont tout particulièrement des jours de salut. Pendant ce saint temps, l’Église ne cessera point d’élever vers le Ciel, par la bouche de ses ministres, ses plus ardentes prières et ses plus humbles gémissements. Les fidèles eux-mêmes vont redoubler de ferveur et de piété, se livrer aux exercices de la pénitence, multiplier leurs aumônes et leurs bonnes œuvres. La parole sainte sera annoncée avec plus de force et d’efficacité. Les lumières intérieures de la conscience deviendront plus vives, les bonnes inspirations plus pressantes. Dieu Lui-même ouvre déjà Ses entrailles de miséricorde; Il rappelle au pécheur Sa tendresse et Sa bonté, Il l’invite à changer de vie, Il lui promet Son pardon et l’oubli total du passé. Ainsi tout nous excite à revenir sincèrement au Seigneur; tout nous rendra, si nous le voulons, ce retour agréable et facile. Chrétiens! ne résistons point à tant d’instances, ne rendons pas inutiles les grâces qui vont nous être accordées: peut-être seront-elles les dernières. On ne reçoit jamais la grâce de Dieu en vain: ou elle nous change, ou elle nous endurcit; ou elle nous rapproche de Dieu, ou elle nous en éloigne, selon que nous savons y correspondre ou y résister. – Ô mon Dieu! je Vous remercie des nouveaux moyens, des jours favorables que Vous m’offrez pour mon salut. Acceptez le désir sincère que j’ai de les mettre à profit. Ma volonté, je le sens, est encore faible et chancelante: daignez, je Vous prie, l’affermir et l’augmenter, afin qu’elle puisse triompher de tous les obstacles et répondre aux desseins de Votre amour. (Abbé Janvier) (Ps. 90, 11-12) ℣. Le Seigneur a donné ordre à Ses Anges à votre sujet, de vous garder dans toutes vos voies. ℣. Ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne heurte une pierre. (Ps. 90, 1-7, et 11-16) Celui qui demeure sous l’égide du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du Ciel. ℣. Il dira au Seigneur: Vous êtes mon abri et mon refuge, mon Dieu en qui je me confie, ℣. Oui, c’est Lui qui me préservera du filet de l’oiseleur et de tout projet pervers. ℣. — Il vous protégera à l’ombre de Ses ailes et vous serez en sécurité. ℣. Sa fidélité vous entourera comme d’un bouclier, vous ne redouterez ni la terreur nocturne, ni la flèche qui vole le jour, ni la peste qui chemine dans les ténèbres, ni les attaques du démon à midi. ℣. Mille tomberont à votre gauche, et dix mille à votre droite; vous, on ne vous touchera pas. ℣. Car le Seigneur a donné ordre à Ses Anges à votre sujet, de vous garder dans toutes vos voies, ℣. Ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne heurte une pierre. ℣. Vous marcherez sur l’aspic et le basilic; vous foulerez aux pieds lions et dragons. ℣. — Parce qu’il a mis son espoir en Moi, Je le délivrerai, Je le protégerai parce qu’il connaît Mon nom. ℣. Il M’invoquera et Je l’exaucerai: Je serai avec lui dans la détresse, ℣. Je le délivrerai et le glorifierai; Je le comblerai d’une longue suite de jours et Je lui ferai voir Mon salut. Suite du saint Évangile selon saint Matthieu (4, 1-11). Si Jésus-Christ, le Saint des saints, a été tenté par le démon, attendons-nous à l’être également, et apprenons de Lui comment nous devons résister au tentateur. D’abord, mettons-nous bien dans l’esprit cette importante maxime: L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ce serait donc une grande folie de manquer à la fidélité que nous Lui devons par la crainte de n’avoir pas le nécessaire. Est-ce que la vie de notre corps, aussi bien que celle de notre âme, n’est pas entre les mains de Dieu seul? Confions-nous en Lui, dans la détresse comme dans l’abondance; cherchons avant tout Son royaume et Sa justice, et le reste nous sera donné comme par surcroît. Mais en même temps prenons garde de tomber dans l’excès contraire, c’est-à-dire dans la présomption où les ruses de l’ennemi cherchent à nous entraîner. Que la défiance de nous-mêmes nous tienne dans une crainte continuelle, nous inspire une prudente circonspection. N’entreprenons rien au-dessus de nos forces, de manière à tenter Dieu. Ne cherchons pas à nous élever au-dessus de notre condition, ni à sortir de nos voies. Nous avons autour de nous des anges visibles, qui sont les ministres de l’Église, et des anges invisibles, qui sont les esprits célestes; recourons à leurs bons conseils, suivons-les avec docilité, et nous ne craindrons pas de nous égarer. Enfin, ce qui nous rendra toujours supérieurs au démon, c’est l’humilité. Cet esprit superbe veut être adoré: souvenons-nous que Dieu doit l’être. Ayons horreur d’adorer autre chose que Lui, ou de vouloir être nous-mêmes adorés à Sa place, c’est-à-dire estimés loués, aimés plus que Dieu, ou autrement qu’Il ne veut. Quelque chose qu’on nous promette, que rien ne soit capable de nous ôter du cœur ce sentiment d’humilité sincère, et nous vaincrons infailliblement celui qui n’est le maître et le roi que des orgueilleux. Heureux qui triomphe ainsi de toutes les tentations! Le désert même devient pour lui un paradis, les esprits célestes le consolent, son âme est nourrie du Pain des anges et amplement dédommagée des avantages périssables qu’elle a sacrifiés pour Dieu. Toutefois souvenons-nous que si le démon nous laisse en paix, ce n’est que pour un temps, et qu’il n’y a de tranquillité parfaite qu’après cette vie. Alors seulement nous serons réunis aux anges, non plus dans le désert, mais dans le séjour de la gloire, et rassasiés à jamais du pain délicieux dont ils se nourrissent eux-mêmes au festin de Dieu. – Votre grâce, Seigneur, nous suffit pour vaincre les tentations et pour arriver à ce bonheur. Nous Vous la demandons: Ne nous abandonnez point à la tentation, mais délivrez-nous du mal. Ainsi soit-il. (Abbé Janvier) Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951Premier Dimanche du Carême - La tentation de Jésus au désert

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Considérations
Liturgie de la Messe
Introït
(Ps. 90, 15-16) Il M’invoquera et Je l’exaucerai; Je le délivrerai et le glorifierai; Je le comblerai d’une longue suite de jours. — Ps. Celui qui demeure sous l’égide du Très-Haut restera sous la protection du Dieu du Ciel. Gloria Patri.Collecte
Épître
Frères, nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu, car Il a dit: «Au temps favorable Je t’ai écouté, et au jour du salut Je t’ai secouru». Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. Ne donnons à personne aucun scandale, afin que notre ministère ne soit pas décrié; mais montrons-nous en toutes choses comme des ministres de Dieu, par une grande patience dans les afflictions, les calamités, les angoisses, les coups, les prisons, les émeutes, les travaux, les veilles, les jeûnes, par la pureté, la science, la longanimité, la bonté; par l'Esprit-Saint, par une sincère charité; dans la parole de vérité, dans la puissance de Dieu; par le moyen des armes de la justice à droite et à gauche; au milieu de la gloire et de l’ignominie, dans les calomnies et les louanges. Nous sommes considérés comme des imposteurs, quand nous sommes sincères; comme obscurs, quand nous sommes bien connus; comme mourants, quand nous voici vivants; comme châtiés, et nous ne sommes pas mis à mort; comme tristes, tandis que sommes toujours joyeux; comme pauvres, tandis que nous faisons beaucoup de riches; comme n’ayant rien, tandis que nous possédons tout.Réflexion sur l'Épître
Graduel
Trait
Évangile
En ce temps-là, Jésus fut conduit dans le désert par l’Esprit, pour être tenté par le diable, et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Il eut faim. Le tentateur s’approcha et Lui dit: «Si Tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains». Jésus répondit: «Il est écrit: L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu». Alors le diable Le prit avec lui dans la cité sainte, Le plaça sur le sommet du Temple et Lui dit: «Si Tu es le Fils de Dieu, jette-Toi en bas, car il est écrit: Il a donné des ordres à Ses Anges à Ton sujet, et ils Te porteront dans leurs mains pour que Ton pied ne heurte pas contre la pierre». Jésus lui dit: «Il est aussi écrit: Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu». De nouveau, le diable Le prit avec lui sur une montagne très élevée et Lui montra tous les royaumes du monde avec leur gloire, et il Lui dit: «Je Te donnerai tout cela, si, Te prosternant, Tu m’adores». Alors Jésus lui dit: «Retire-toi, Satan, car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu Le serviras Lui seul». Alors le diable Le quitta; et voici que des Anges s’approchèrent, et Le servaient.Réflexion sur l'Évangile
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938