Fête de la Sainte Famille - Dimanche après l'Épiphanie

Sainte Famille, Jésus, Marie, Joseph - ODM
Bénie soit la très Sainte Famille, Jésus, Marie, Joseph!

Considérations

«Ne convient-il pas, dit Léon XIII, de célébrer la naissance royale du Fils du Père éternel, la maison de David et les noms glorieux de cette lignée antique? Mais il est plus doux pour nous de rappeler la petite maison de Nazareth et l’humble existence qu’on y mène; il est plus doux de célébrer la vie obscure de Jésus. Là l’Enfant divin fait l’apprentissage de l’humble métier de Joseph, là, dans l’ombre, Il grandit en âge et Se montre heureux de partager les travaux du charpentier. Que la sueur, dit-Il, ruisselle sur Mes membres, avant que l’effusion du sang les inonde; que cette peine du travail serve, elle aussi, d’expiation pour le genre humain. Près du divin Enfant, Se tient Sa tendre Mère; près de Son Époux Se tient l’Épouse dévouée; Elle est heureuse de pouvoir soulager leurs peines et leurs fatigues par des soins affectueux». «Ô vous, qui ne fûtes exempts ni des soucis ni du travail, et qui avez connu l’infortune, assistez les malheureux qui luttent contre les difficultés de la vie et que l’indigence étreint» (Hymne de matines). — Dans cette humble maison de Nazareth, Jésus, Marie et Joseph sanctifièrent la vie de famille par l’exercice des vertus domestiques (Or.). Ils y pratiquèrent l’humilité, la patience, la modération, l’entraide mutuelle, la charité, le respect et l’obéissance, dont nous parlent l’épître et l’évangile de la messe. Ils y trouvèrent toujours dans le recueillement et la prière en commun la joie et la paix. Puisse la grande famille qu’est l’Église et chaque foyer chrétien pratiquer sur terre les vertus que pratiqua la Sainte Famille afin de mériter de vivre en sa sainte compagnie dans le Ciel (Or.).

Lorsque le 13 janvier est un dimanche, la fête de la Sainte Famille est anticipée au samedi 12.

Liturgie de la Messe

Introït

(Prov. 23, 24-25) Le père du juste exulte de joie; que Ton père et Ta mère se réjouissent et que Celle qui T’a enfanté tressaille d’allégresse. — (Ps. 83, 2-3). Qu’elles sont aimables, Vos demeures, Seigneur des armées! mon âme a soupiré jusqu’à défaillir après les parvis du Seigneur. Gloria Patri.

Collecte

Seigneur Jésus-Christ, qui, dans Votre soumission à Marie et à Joseph, avez consacré la vie de famille par la pratique d’ineffables vertus, faites qu’avec leur aide, nous mettions à profit les exemples de Votre sainte Famille et méritions de partager son bonheur éternel. Vous qui, étant Dieu, vivez...

Mémoire du dimanche dans l’octave
Accueillez avec bonté, Seigneur, les vœux de Votre peuple en prière, donnant à chacun de voir ce qu’il doit faire et la force de pouvoir l’accomplir.

Mémoire de l’octave
En ce jour où, par le cours d’une étoile, Vous avez conduit les peuples païens à la connaissance de Votre Fils unique, nous Vous demandons, Seigneur, qu’après nous avoir donné déjà de Vous connaître par la foi, Vous nous conduisiez jusqu’à la contemplation face à face de Votre sublime majesté. Par le même Jésus-Christ, Votre Fils, N.-S.

Épître

Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Colossiens (5, 12-17)
Frères, revêtez-vous, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience, vous supportant les uns les autres, et vous pardonnant mutuellement si quelqu’un a grief contre autrui. Comme le Seigneur vous a pardonné, pardonnez, vous aussi. Par-dessus tout cela, ayez la charité qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés en un seul corps, règne dans vos cœurs. Soyez reconnaissants. Que la parole du Christ habite en vous abondamment, en toute sagesse; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs, sous l’action de la grâce. Quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, en rendant grâces par Lui à Dieu le Père.

Réflexion sur l'Épître

En lisant ces douces paroles de l’Apôtre, qui ne sentirait ses entrailles émues de miséricorde et de tendresse pour ses frères? Oui, en qualité de chrétiens, nous sommes les élus de Dieu, Ses enfants bien-aimés. La sainteté est l’objet de notre vocation, la charité est le couronnement de notre perfection. Rien ne doit troubler la paix d’une si glorieuse famille; nulle vertu, nul dévouement qui ne doivent faire le caractère distinctif et comme le vêtement d’honneur de chacun de ses membres. Donc, plus de colère, plus d’orgueil, plus de vengeance: le Seigneur a pardonné sincèrement à tous, que tous pardonnent de même. Ainsi le veut Jésus-Christ, qui nous a appelés à ne faire en Lui qu’un même corps par le lien de l’amour. Répondons à un si pieux désir. Nos esprits sont unis par la foi, unissons nos voix par l’action de grâces, chantant à Dieu du fond de nos cœurs le cantique de la louange, nous instruisant et nous édifiant les uns les autres par de sages entretiens. Enfin, pour que l’unité soit parfaite, faisons toutes nos actions au nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur. (Abbé Janvier)

Graduel

(Ps. 26, 4) Je n’ai demandé qu’une chose au Seigneur, et je la demanderai sans cesse, c’est d’habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. ℣. (Ps. 83, 5) Heureux ceux qui habitent dans votre maison, Seigneur; ils chantent vos louanges à jamais.
Alléluia, alléluia. ℣. (Is. 45, 15) Vous êtes vraiment un roi caché, Dieu d’Israël, notre Sauveur. Alléluia.

La Sainte Famille - tableau original propriété des Apôtres de l'Amour Infini

Évangile

Suite du saint Évangile selon saint Luc (2, 42-52).
Lorsque Jésus fut âgé de douze ans, Ses parents montèrent à Jérusalem, selon la coutume pour la fête de Pâque. Les jours de la fête passés, comme ils s’en retournaient, l’Enfant Jésus demeura à Jérusalem à l’insu de Ses parents. Pensant qu’Il était avec ceux de leur compagnie, ils firent une étape d’un jour et Le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances. Ne Le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem à Sa recherche. Et il se fit qu’après trois jours ils Le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui L’entendaient étaient frappés de Son intelligence et de Ses réponses. Quand ils Le virent, ils furent stupéfaits et Sa Mère Lui dit: «Mon fils, pourquoi avez-Vous agi de la sorte avec nous? Votre père et Moi nous Vous cherchions, tout affligés». Il leur répondit: «Pourquoi Me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que Je dois être aux choses de Mon Père?» Mais ils ne comprirent pas cette parole qu’Il leur avait dite. Il descendit avec eux et revint à Nazareth. Il leur était soumis. Et Sa mère gardait toutes ces choses dans Son cœur. Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Réflexion sur l'Évangile

Nous perdons souvent Jésus par notre défaut de vigilance sur nous-mêmes, par nos infidélités à Ses inspirations. Or la perte de Jésus est le plus grand malheur qui puisse nous arriver, puisque avec Jésus nous avons tout et que sans Jésus nous n’avons rien. Quand donc nous L’avons perdu, ne restons pas tranquilles; imitons la douleur et la sollicitude de Marie, empressons-nous de Le chercher dans la prière, dans de pieux entretiens, dans la fréquentation des sacrements. Cherchons-Le surtout au pied des autels, et nous finirons par Le trouver; car Lui-même a dit: Cherchez et vous trouverez. Alors Il nous fera de doux reproches, Il nous consolera, Il nous initiera aux secrets de Sa doctrine. Mais, une fois que nous L’aurons ainsi retrouvé, veillons davantage pour ne plus Le perdre jamais. Conservons dans nos cœurs chacune de Ses paroles, faisons fructifier chacune de Ses grâces, et nous aurons la joie de Le sentir de jour en jour croître en nous, jusqu’à ce qu’Il nous ait enrichis de tous les trésors de Sa sagesse. (Abbé Janvier)

Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938