La Station à Rome se tient aujourd’hui à l’église de Sainte-Croix-en-Jérusalem, ancien palais, connu sous le nom de maison sessorienne, que sainte Hélène transforma en sanctuaire pour recevoir d’importantes reliques de la vraie Croix et représenter ainsi, au cœur même de Rome, Jérusalem et les lieux saints. Le choix de cette basilique s’imposait pour chanter les joies et les grandeurs de la Jérusalem nouvelle, qui est tout à la fois l’Église de la terre et la cité des Cieux dont la mort de Jésus nous a rouvert les portes. En ce dimanche de «Lætare», l’Église de Rome réunit ses fidèles dans l’église du Calvaire pour faire passer dans les âmes un rayon de joie; c’est la joie de l’étape au milieu du Carême: comme une anticipation de celle de Pâques qui doit jaillir de la Croix. C’est dans une pensée de joie qu’autrefois l’Église bénissait aujourd’hui la rose de Laetare, qu’elle revêt ses ministres d’ornements roses et de vêtements de joie, qu’elle pare ses autels de fleurs et permet aux orgues de faire entendre leurs voix. «Réjouissez-vous, tressaillez de joie», nous dit l’introït, car morts au péché avec Jésus, nous sommes assurés de ressusciter avec Lui. L’évangile est celui de la multiplication des pains et des poissons, symboles de l’Eucharistie et du Baptême(1), qui sont par excellence les sacrements de la résurrection; et dans l’épître, saint Paul s’attache à nous faire comprendre, en son langage allégorique, la liberté du Christ qui est celle des enfants de l’Église, les baptisés. — Que la messe de ce dimanche, déjà toute imprégnée de joie à la pensée de Pâques, nous soit un encouragement pour entreprendre avec entrain et générosité la seconde partie du Carême qui doit nous y acheminer. (1) Le Christ était figuré dans les catacombes par un poisson parce que ce mot en grec est formé des premières lettres de cinq mots qui signifient «Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur» (I-ch-th-u-s: lisons Chi istos Tre Uios Soter). Les Pères de l’Église voient aussi dans le poisson (pisc:, ~ latin) une figure des chrétiens parce qu’ils sont nés dans la piscine (p:cs baptismale où ils ont puisé le principe de leur vie spirituelle. (Is. 66, 10 et 11) Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez; tressaillez de joie, vous qui avez été dans la tristesse, afin que vous exultiez et soyez rassasiés à la source des consolations. — (Ps. 121, 1). Je fus dans la joie quand on me dit: nous irons dans la maison du Seigneur. Gloria Patri. Accordez-nous, Dieu tout-puissant, dans l’affliction que nous ont méritée nos actions, d’être soulagés par le secours de Votre grâce. Par Jésus-Christ, Votre Fils, notre Seigneur... Quelle joie pour nous d’apprendre que nous sommes les véritables et légitimes enfants de Dieu, et que Son royaume céleste nous appartient à titre d’héritage! Seulement, pour y parvenir, il faut passer par beaucoup de tribulations. Autrefois Isaac a été persécuté par Ismaël; maintenant les vrais chrétiens le sont par les impies. Or ce maintenant durera jusqu’à la fin du monde: toujours la chair et l’esprit se combattront en nous; toujours les hommes spirituels seront persécutés par les hommes charnels. Quiconque voudra vivre avec piété en Jésus-Christ sera persécuté. Ici-bas n’est point le lieu du repos ni de la paix: que tout homme de bien imprime fortement cette vérité dans son esprit. Mais qu’il se souvienne en même temps que les souffrances temporelles sont les gages d’une paix et d’un repos éternels. Bienheureux donc ceux qui souffrent, parce que le royaume du Ciel est à eux. Oui, il est à eux, et ils ont droit d’en jouir. De plus, il n’y a point de proportion entre les maux de cette vie présente et la récompense qui nous est promise: les afflictions de la terre sont courtes et légères, mais elles produiront une durée éternelle de gloire infinie. (Abbé Janvier) (Ps. 121, 1 et 7) Je fus dans la joie quand on me dit: nous irons dans la maison du Seigneur. ℣. Que la paix soit dans ton enceinte, et l’abondance dans tes palais! (Ps. 124, 1-2) Ceux qui se confient dans le Seigneur sont comme le mont Sion; il ne sera jamais ébranlé celui qui habite en Jérusalem. ℣. Des montagnes entourent Jérusalem, et le Seigneur entoure Son peuple: dès maintenant et à jamais. Pour un œil attentif et réfléchi, le monde est plein de miracles. Le grain de blé qui germe en terre, l’innombrable variété des productions de la nature, le cours des astres, la régularité des saisons, l’ordre admirable de l’univers, sont autant de signes visibles qui nous montrent Dieu et qui devraient nous Le faire aimer. Malheureusement presque personne ne les remarque. Ce sont en soi des merveilles étonnantes; mais elles ne nous frappent plus, parce qu’elles se passent journellement sous nos yeux. Dieu, pour réveiller notre foi, S’est réservé ces événements rares et extraordinaires qu’on appelle plus spécialement miracles. Telle est cette multiplication des pains dans le désert, un des plus frappants de l’Évangile. Il fut opéré publiquement en présence de cinq mille personnes, instantanément, sans préparatifs antérieurs, dans un lieu et avec des circonstances où l’erreur et la fraude étaient impossibles. Que ce fait parle donc ici à nos cœurs! Celui qui a pu multiplier dans Ses mains les cinq pains d’orge et en nourrir cinq mille hommes, quel est-Il, sinon Celui qui, avec quelques graines légères, produit sans cesse de riches moissons? C’est le même Dieu, toujours également bon, également puissant. Le pain que nous mangeons chaque jour est aussi miraculeux que celui du désert: ne le mangeons point sans bénir l’invisible main qui nous le distribue avec tant d’amour et de libéralité. (Abbé Janvier) Sources: Missel quotidien et vespéral, par Dom Gaspar Lefebvre et les Bénédictins de l'Abbaye de St-André, Apostolat Liturgique, Bruges, 1951Quatrième dimanche de l’Avent – Dimanche Laetare - Multiplication des pains

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Épître
Lecture de l’Épître du bienheureux Apôtre Paul aux Galates (4, 22-31)
Frères, il est écrit qu’Abraham eut deux fils, l’un d’une esclave, l’autre d’une femme libre. Mais celui de l’esclave est né selon la chair, et celui de la femme libre en vertu de la promesse. Ces choses-là sont dites en allégorie, car ce sont les deux testaments; l’un, du mont Sinaï, qui enfante pour l’esclavage, et c’est Agar. Le Sinaï est une montagne d’Arabie qui correspond à la Jérusalem actuelle, laquelle est esclave avec ses enfants. Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle qui est notre mère, car il est écrit: «Réjouis-toi, femme stérile, qui n’enfantes pas; éclate en cris de joie, toi qui ne deviens pas mère, car les enfants de la délaissée sont plus nombreux que ceux de la femme mariée». Nous, frères, nous sommes, comme Isaac, les enfants de la promesse. Mais de même qu’alors celui qui était né selon la chair poursuivait celui qui était né selon l’esprit, ainsi en est-il encore maintenant. Mais que dit l’Écriture? «Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave n’héritera pas avec le fils de la femme libre». Ainsi donc, frères, nous ne sommes pas enfants d’une esclave mais d’une femme libre; et c’est le Christ qui nous a acquis cette liberté.Réflexion sur l'Épître
Graduel
Trait
Évangile
Suite du saint Évangile selon saint Jean (6, 1-15).
En ce temps-là, Jésus S’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade. Une grande foule Le suivait, parce qu’elle voyait les miracles qu’Il opérait sur les malades. Jésus monta donc sur la montagne, et là Il S’assit avec Ses disciples. Pâque, la fête des Juifs, était proche. Ayant levé les yeux, Jésus vit qu’une grande foule venait à Lui et Il dit à Philippe: «Où achèterons-nous du pain pour nourrir ces gens?» Mais Il disait cela pour l’éprouver; car Lui-même savait ce qu’Il allait faire. Philippe Lui répondit: «Deux cents deniers de pains ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un peu». Un de Ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, Lui dit: «Il y a ici un enfant qui a cinq pains d’orge et deux poissons; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde?» Jésus dit donc: «Faites asseoir ces gens». Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Jésus prit alors les pains, et après avoir rendu grâces, Il les distribua à ceux qui étaient assis; de même des deux poissons, autant qu’ils en voulaient. Quand ils furent rassasiés, Il dit à Ses disciples: «Ramassez les morceaux qui restent, pour qu’ils ne se perdent pas». Ils les ramassèrent et ils remplirent douze corbeilles des morceaux qui restaient des cinq pains d’orge après que tous eurent mangé. Ces gens, voyant le miracle que Jésus avait fait, disaient: «Celui-là est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde». Mais Jésus, sachant qu’ils allaient venir s’emparer de Lui pour Le faire roi, s’enfuit de nouveau, seul, sur la montagne.Réflexion sur l'Évangile
Épîtres et Évangiles des dimanches et des principales Fêtes de l’année, avec des Réflexions, par M. l’abbé Pierre-Désiré Janvier, Doyen du Chapitre de l’Église métropolitaine de Tours, Maison Mame, 1938